Concert hommage, tribute band, sosie : de quoi parle-t-on ?

Sur une affiche, les mots se mélangent : « tribute », « hommage », « the show », « experience », « legend ». Derrière, les spectacles n'ont pourtant pas grand-chose en commun. Certains reproduisent un concert à l'identique, costumes et instruments d'époque compris ; d'autres réarrangent librement un répertoire ; d'autres encore misent tout sur la ressemblance physique. Savoir lequel on s'apprête à voir évite la plupart des déceptions.

Le tribute band : rejouer le groupe tel qu'il était

Le tribute band (ou « groupe hommage ») consacre tout son travail à un seul artiste. Son objectif est la fidélité : le son, les arrangements, l'ordre des morceaux d'une tournée célèbre, parfois les tenues et la gestuelle. Les meilleurs travaillent sur les enregistrements live autant que sur les albums, parce que c'est la version de scène que le public attend.

Le genre est né dans les pays anglo-saxons autour des groupes séparés ou disparus — les Beatles, Pink Floyd, Queen — et s'est étendu à presque tous les répertoires de stade. En France, les spectacles consacrés à Queen, ABBA, Pink Floyd ou Dire Straits remplissent des Zéniths sans qu'aucun membre du groupe d'origine ne soit sur scène.

À retenir : un tribute band joue live. Si la musique est diffusée en playback, il s'agit d'un autre type de spectacle, qu'il vaut mieux identifier avant d'acheter.

Le spectacle hommage : raconter un artiste

Le spectacle hommage, très répandu dans la chanson française, ne cherche pas forcément à imiter. Il revisite un répertoire — Goldman, Balavoine, Piaf, Brel, Aznavour — avec une troupe, un récit, parfois des projections ou des extraits d'archives. Les chansons y sont souvent réarrangées, interprétées par plusieurs voix, enchaînées selon une trame biographique.

C'est le format qui convient le mieux aux artistes dont l'œuvre compte davantage que l'apparence : personne n'attend d'un hommage à Brel un sosie parfait, mais une interprétation qui rende justice aux textes. La qualité tient alors à la direction musicale et aux voix, bien plus qu'au costume.

Le sosie : la ressemblance avant tout

Le sosie (on dit aussi « imitateur » ou « look-alike ») mise sur la ressemblance physique et vocale avec un seul interprète : Johnny Hallyday, Claude François, Elvis Presley ou Michael Jackson en sont les cas les plus fréquents. Le spectacle repose sur l'illusion ; la musique peut être jouée par un orchestre ou sur bande, selon les productions.

Ce format a son public, notamment pour les artistes dont la présence scénique faisait partie intégrante du répertoire. Il se distingue du tribute band par son centre de gravité : une personne plutôt qu'un groupe, l'incarnation plutôt que la reconstitution musicale.

Le groupe de reprises et le concert « best of »

Le groupe de reprises (cover band) joue des morceaux de plusieurs artistes, sans se consacrer à aucun. On le croise plutôt dans les bars, les mariages et les fêtes locales. Certains spectacles de tournée se situent entre les deux : un « best of des années 80 » ou une soirée « disco » réunit plusieurs répertoires autour d'une époque. Ce site ne les recense que lorsqu'ils sont explicitement construits autour d'un artiste.

Le ciné-concert et le concert de musiques de film

Dernière famille, à part : les ciné-concerts. Un orchestre joue en direct la bande originale d'un film projeté sur grand écran, synchronisée image par image. À ne pas confondre avec le concert de musiques de film, où l'orchestre enchaîne les thèmes d'un compositeur — Hans Zimmer, John Williams, Ennio Morricone — sans projeter le film. Notre guide des ciné-concerts détaille la différence et ce qu'elle change pour le spectateur.

Comment lire une affiche

Quelques indices permettent de savoir à quoi s'attendre :

Pour aller plus loin, notre guide « Comment choisir un spectacle hommage » passe en revue les points à vérifier avant de réserver.

Hommage ne veut pas dire approbation

Interpréter publiquement les chansons d'un artiste est légal dès lors que les droits d'auteur sont réglés : en France, l'organisateur du concert déclare le programme à la Sacem et verse les droits correspondants, qui reviennent aux auteurs et compositeurs. En revanche, l'usage du nom, de l'image ou des marques de l'artiste ne vaut pas soutien de sa part. La plupart des spectacles hommage ne sont ni produits ni approuvés par les artistes d'origine ou leurs ayants droit, et certains le précisent sur leurs affiches. Les quelques productions officiellement soutenues — par un ancien membre du groupe ou par les héritiers — le mettent en général en avant.

Nos autres guides

Sources

  • Sacem — informations aux organisateurs de spectacles sur la déclaration des œuvres et le paiement des droits (sacem.fr)
  • Calendrier des tournées : flux des billetteries officielles, relevé quotidien par Concert-Hommage.fr